dijous, 30 de gener de 2014

Amin Maalouf (1996), Les Échelles du Levant. Paris: Editions Grasset

Le protagoniste, raconte son histoire et le narrateur qui l'écoute nous dit qu'il parle "comme s'il devait épousseter chaque mot avant de le produire" P. 13.

Moi aussi, je dois enlever la poussière à mon français si oublié.

La ravissante histoire d'Ossyane Ketabdar  commence au XXème siècle quand on pouvait appeller les Turcs, Arméniens, Arabes, Grecs et Juifs comme: "les cinq doigts de l'auguste main sultanienne." P. 49.


Art ottoman, Le Livre du Bonheur

Ossyane est né en Turquie mais après la famille s'est établie à Beyrouth. Il étudiait en France quand la  deuxième Guerre Mondiale a éclaté et alors il est devenu un héros de la résistance. Son amour pour la juive Clara est, à la foie, sa joie et sa perdition parce qu'une tornade allait s'abattre sur le Levant et:

"Clara et moi étions déjà des victimes en sursis. Puis en quelques coups de griffe, la laideur du monde nous a débusqués" P. 192

Presque à la fin de leur vie les amants se retrouvent une fois encore à Paris sur le pont au Change:

"Ses deux bras s'élèvent aussi, lentement, comme les ailes d'un oiseau que se serait longtemps déshabitué de voler" P. 298.

Une embrassade symbolique aussi, dans une émouvante narration qui rennonce à la haine raciale et la discrimination:

Le Quai du Pont au Change

"Mon père est turc, ma mère arménienne, et s'ils ont pu se tenir la main au milieu des massacres, c'est parce qu'ils étaient unis par leur refus de la haine. Ce cela, j'ai hérité. C'est cela ma patrie."


Le Quai du pont au Change peut être, aussi, une autre échelle, mais à l'Occident.

J.B.E.Corot, Le pont au Charge